UK Game Expo 2019

Birmingham, United Kingdom, fin mai 2019… Après avoir craint d’être bloqués à la frontière à cause du Brexit, nous avons réussi à braver les éléments pour rejoindre cette cité à mi-chemin entre Londres et Liverpool. 2ème ville industrielle du pays, mais en déclin (l’industrie a pris un sacré coup…), la ville accueille de nombreuses manifestations. En particulier, depuis 14 ans, la UK Game Expo, plus grand rassemblement de gamers au Royaume Uni.

Hébergé depuis 4 ans au NEC, salle de convention jouxtant l’aéroport de Birmingham, cette convention s’étend chaque année un peu plus dans les salles du NEC, pour occuper maintenant 3 halls et demi (et 4 halls l’an prochain). Pour permettre aux joueurs de jouer à toutes heures du jour et de la nuit, certaines salles de réception de l’hôtel Marriot (tout proche) sont également réservées pour permettre au plus grand nombre de joueurs de se rencontrer. En effet, en 2018, ce sont plus de 45 000 visiteurs qui sont venus au cours des 3 jours que représente l’expo.
Coté exposants, le festival annonce une belle santé avec plus de 400 exposants, dont un tiers non britanniques. Nous avons pu constater que de nombreux éditeurs américains sont en effet présents à cet évènement. La barrière de la langue est moindre que pour un salon comme Essen, probablement. Et il n’y a pas besoin de traduire/d’adapter les jeux pour le marché, il suffit de trouver un distributeur (ou traiter en direct avec les boutiques locales).
Convention organisée par les anglosaxons, la gestion du budget est bien différente de la gestion d’un festival français. Tout est géré sous forme de sponsoring. A commencer par le nom des allées! Et oui, pour faciliter le repérage des visiteurs, chaque allée a un nom. Et ce nom a été payé en amont par quelqu’un ! Cela permet, je pense, d’équilibrer plus facilement le budget, et d’offrir aussi plus de visibilité aux sponsors. La GENCON fonctionne sur le même principe, avec des zones spéciales sponsorisées tous les ans par les mêmes partenaires. J’y reviendrais plus loin dans cet article, pour chaque section.

Alors on trouve quoi, à la UKGE (plus rapide à écrire que UK Games Expo… 🙂 )? Beaucoup de choses, à vrai dire. Déjà, avec un badge presse, on peut accéder à la conférence de presse du jeudi soir, où les éditeurs viennent présenter leurs avant premières. On peut s’attendre à retrouver ces jeux ensuite dans le festival pour les tester (pas de tests pendant la conférence de presse), mais parfois non. Ce fut le cas pour Kingdomino Duel, que nous avons pu voir, et qu’on a nous a expliqué, mais qui n’était pas présent sur le stand les jours suivants car l’unique exemplaire « proto » était reparti en France pour le festival « Des bretzels et des jeux » où il a été joué par des dizaines de petits français (oui, je suis jalouse, j’aurais aimé le tester et c’est frustrant d’avoir eu la présentation sans pouvoir le tester…).
Bref, ca reste quand même le moment idéal pour discuter avec les auteurs et les éditeurs car il n’y a pas la foule des jours suivants qui n’attendent qu’une chose : pouvoir tester les jeux.

L’ouverture officielle du festival a lieu le vendredi. Dans les 3 grands halls, on retrouve des éditeurs et des distributeurs qui présentent leurs jeux : classiques, nouveautés et jeux à paraitre. Certains jeux sont présentés pour la première fois au cours de cet évènement. Ce fut le cas pour Pandemic Rapid Response et God of War. Comme dans les festivals renommés, il faudra arriver tôt ou vous armer de patience pour tester les jeux les plus attendus : les tables sont prises d’assaut très vite! Au coeur des éditeurs de jeux, il y a également d’autres stands, comme des boutiques. Le marché britannique a été sinistré pendant longtemps, mais repart depuis quelques années (on verra les effets du Brexit, s’il a lieu un jour). Il y a donc 5 ou 6 stands de vendeurs. Ce sont souvent des boutiques en lignes qui viennent avec un stock bien choisi, et qui proposent des prix et surtout, cela leur permet de se faire connaitre du grand public.

Le jeudi soir, en marge de la présentation Presse, c’est l’occasion pour les vendeurs de jeux d’occasion de commencer à déposer leurs jeux pour la section « Bring and Buy ». Zone de vente d’occasion, c’est l’occasion pour les vendeurs de recycler leurs jeux, et pour les acheteurs de faire de bonnes affaires et/ou de trouver des perles rares. Géré par la convention elle même, les vendeurs apportent leurs jeux pendant des créneaux spécifiques, et les acheteurs ont accès à une zone délimitée et peuvent magasiner à l’envie. Ce principe de « bourse aux jeux » se retrouve sur de plus en plus de festivals. Ici, ce sont les bénévoles de la convention qui gèrent les ventes (moyennant une commission pour l’organisation au passage). Ce qui est dommage, c’est le manque de bénévoles pour surveiller que les visiteurs ne « pillent » pas les jeux à vendre. Les boites sont en libre accès et n’importe qui peut les ouvrir et éventuellement se servir (j’ai vu passer quelques messages à ce sujet après la convention….). Cela dit, la communauté reste bienveillante et les cas sont rares.

Pour ceux qui ne souhaitent pas faire la queue, il y a de nombreuses zone d’OpenGaming. Tables en libre accès, n’importe qui peut s’y installer avec ses jeux nouvellement acquis ou avec les jeux amenés dans d’immenses sacs, et ouvre sa table pour faire de nouvelles rencontres. Pour ceux qui viendraient les mains dans les poches, au Marriott, les zone d’OpenGaming sont à coté de la ludothèque de prêt. La ludothèque est gérée par un café jeux local (Thirsty Meeple), qui demande une adhésion avant de pouvoir emprunter des jeux (bon, l’adhésion doit être payée avant même de pouvoir aller voir quels jeux sont disponibles et c’est bien dommage. Cela dit, l’adhésion est valable ensuite pour leur café jeux, donc pour les visiteurs locaux, c’est un bon plan).

Je fais l’impasse sur les tournois, car je n’ai pas eu le temps de me pencher plus précisement sur la question. Je sais que de nombreux tournois, sessions de jeux de rôles sont organisés, je vous invite à aller voir sur le site le programme (lien en fin d’article).
En revanche, nous avons passé sur temps dans la zone de proto, sponsorisée par « Playtest UK ». C’est une zone dans laquelle les visiteurs peuvent rencontrer des auteurs et découvrir des jeux pas encore édités. Chapeau bas à Rob, qui chapeaute cette zone de main de maitre, en gérant un planning par tranches de 2 heures. A PeL, l’idée a été abandonnée après 2 ou 3 ans de cauchemar organisationnel! 🙂 Playtest UK permet aux auteurs de Grande Bretagne d’échanger sur leurs idées, et de trouver des groupes de joueurs répartis dans diverses zones géographiques pour tester leurs prototypes. C’est grâce à Rob que nous avons rencontré Matthew Dunstan (coauteur d’Elysium) et qu’il est venu en invité de la zone proto de PeL en 2017.

Enfin, la convention décerne un certain nombre de prix. A mon avis, trop… D’autant que pour chaque prix, il y a le prix du public et le prix du jury (composé d’experts). Et il y a assez peu de communication sur les sélectionnés, et encore moins sur les lauréats. Espérons que la visibilité de ce prix augmente dans les années à venir! 🙂

Les petits trucs qui nous ont plu/fait rire:
– L’endroit où acheter le jeu. Sur les stands de certains éditeurs, il y a un panneau indiquant, pour chaque jeu, dans quelle boutique du festival vous pouvez trouver un exemplaire. Et ca, c’est top pour inciter les festivaliers à investir! 🙂
– Le matériel pour les batailles de polochon :
– La nourriture spéciale Jeu de Société :
– La streetfood court, qui propose des plats copieux à des tarifs abordables devant le Marriot. Seul regret, il faut y aller tôt (18h) si on veut éviter de faire trop la queue. 🙂

  • Star Wars Outer Rim : Incarnez un contrebandier à la bordure extérieure et remplissez des missions pour obtenir de la gloire. Evidemment, dans l’univers de Star Wars, qui s’y prete plutot bien. Le principe est simple : déplacement, remplir des missions (pick up&delivery, chasse à l’homme…), gestion de faction pour éviter ou obliger les combats lors des rencontres stellaires, amélioration des vaisseaux… Bref, un jeu de gestion assez individuel avec peu d’interactions avec les autres joueurs. Mais il vous faudra quand même surveiller leurs actions pour vous assurer qu’ils ne prennent pas trop d’avance sur vous. Le jeu devrait sortir en France grâce à Edge.
  • God of War : A paraitre chez CMON, le jeu était en présentation avec le matériel quasi définitif. Il s’agit d’un jeu coopératif, dans lequel chaque joueur incarne un personnage de God Of War et tente d’arriver au bout d’un donjon. Comme toujours chez CMON, le matériel est de bonne facture et les artwork jolis. Cela dit, nous n’avons pas accroché à la mécanique du jeu : jeu coopératif, certes, mais avec élimination des joueurs possible sans que ca ne soit une condition de défaite. Chaque personnage a un pouvoir et l’équipe doit unir ses forces pour éliminer les monstres qui peuplent le donjon. Si un personnage se fait éliminer, les autres vont continuer l’aventure sans lui. C’est antinomique d’un jeu coopératif selon moi…
  • Les Roll&Write, la grande mode de cette année. Le principe des roll&write est simple : chaque joueur utilise les (plus ou moins) mêmes ressources pour écrire sur sa feuille. A la fin de la partie, on regarde qui s’en est le mieux tiré.
    • Corinth : Un joueur lance tous les dés et les répartis sur les différentes ressources. Chaque joueur, dans le sens horaire, choisi un chiffre et prend tous les dés. Il coche les cases de sa feuille… Au final, jeu décevant car les possibilités sont restreintes et il y a peu de moyens (à 2) de contrer l’adversaire
    • Imperial Settlers : Un roll&write classique, dans l’univers de Imperial Settlers. A chaque tour, chaque joueur choisit une tuile d’action, et les dés sont lancés pour tous les joueurs ! Le plus punchy des 3 essayés pendant ce festival !
    • DinoWorld : Placez des enclos de dinosaures en fonction du tirage de vos dés. Un coté Tetris à optimiser, avec des objectifs partagés entre voisins qui iront au plus rapide à les réaliser… Un grand fouillis, trop de possibilités, finalement un roll&write vendu comme familial alors que pas du tout.
  • Pandemic Rapid Response : Le principe de Pandemie, c’est de réussir à contrer des maladies et à faire les vaccins avant que les virus n’aient conquis le monde. Dans Rapid Response, vous allez faire pareil : larguer des médicaments, de l’eau, etc. sur des zones demandées. Sauf que pour le faire, il faut avoir les dés qui vont bien et surtout, il faut le faire avant que le sablier ne soit écoulé. Des sensations intenses, un effet leader oblitéré par le sablier… Sortie prévue mi août chez les francophones, on a hate de pouvoir s’y refrotter (oui, les parties sont tendues à gagner!!)

Nos conseils :
– Réserver (tôt) un hotel à l’aéroport. Avec la navette gratuite entre les 2 terminaux et le NEC dans l’un des 2 terminaux, c’est idéal pour profiter au maximum du festival
– Prévoir, comme d’habitude, de bonnes chaussures. Même si votre hotel est proche de l’aéroport, arpenter les allées est toujours éprouvant
– Profiter au moins une fois de la street food court installée devant le Marriot. La nourriture est variée, délicieuse et abordable (pour un festival)
– Préparer sa venue. Si vous voulez aller faire des affaires à la bourse aux jeux, prévoyez d’arriver au moins 1 heure à l’avance au Bring n Buy le premier jour
– Faites le tour des revendeurs. Les prix peuvent être très disparates.
– Récupérer assez tôt un (ou plusieurs) exemplaires du guide de la UKGE. Un joli catalogue d’une centaine de pages avec des plans, des interviews, des offres de réduction, et la liste des nominés aux UKGE Awards!

Les festivals, c’est l’occasion de faire un peu de tourisme, aussi bien pour visiter la ville que pour voir l’offre en terme de jeux de société. Et comme les billets étaient quand meme moins chers en partant le mercredi, nous avons profité du jeudi pour faire les touristes… 🙂 Donc, la ville en elle même a un centre ville plutôt concentré et possède quelques monuments à voir. En particulier l’église et la statue de taureau au milieu d’un espace piétonnier et de galeries commerciales. Au final, il y a peu, voire très peu, de boutiques spécialisées en jeux de société à Birmingham, mais on trouve toujours des jeux dans les librairies (comme Waterstones). Après, tout dépend de ce que l’on cherche… 😉
Entre nous, je préfère largement le packaging du perudo chez nous…

Toutes les photos sont disponibles ICI.
Le site du festival (dates, accès, tarifs…) ICI.