Nos Jeux sur Marne 2019

Le pavillon Baltard est un lieu emblématique de la région Parisienne. Ancienne halle de Paris (avec 12 autres), elle a été édifiée sur ordre de Napoléon III entre 1850 et 1870, et déplacé à Nogent sur Marne en 1976. Classé monument historique, il a accueilli des émissions de télévision emblématiques des années 80, des évènements culturels et des soirées privées…. Et même des tournages de cinéma !

Organiser des festivals de jeux de société dans des lieux culturels commence à se répandre : Château en Jeux dans un château en Bretagne, Orléans Joue au Campo Santo à Orléans, Pluie d’jeux dans une abbaye en Picardie… Et surement plein d’autres festivals dont je n’ai pas entendu parler… C’est une belle occasion de mettre en valeur des lieux historiques et/ou mythiques, et d’allier plaisir du jeu et plaisir des yeux. Donc, quand j’ai entendu parler de « Nos Jeux sur Marne », et que ca se déroulait au Pavillon Baltard, j’y ai vu une occasion d’aller visiter un lieu magique.

Donc, en ce jour de l’an de grâce 2019, le 26 mai, pour être précis, me voilà à Nogent sur Marne, s’est déroulé la première édition (dans ce lieu) du festival « Nos Jeux sur Marne ».

Après une édition réussie en 2017, mais dans une salle plus petite, les organisateurs ont souhaité pouvoir accéder à un lieu plus grand. C’est ce que nous a expliqué Owen, l’organisateur de ce festival. Owen baigne dans les festivals et dans le monde ludique depuis 18 ans. Bénévole, puis organisateur, il a travaillé avec Upper Deck, Blizzard et Ankama. Il a plusieurs cordes à son arc, puisqu’il est également auteur de jeux de société (les animaux fantastiques et Justice League (tous les 2 édités chez Topi Games), il a également fondé la « Geek Factory », magasin pour passionnés (et novices) à Nogent sur Marne. C’est grâce à toute cette expérience et ces connexions que ce festival a pu prendre de l’ampleur : Olympia (association locale venue animer des tables de jeux), WIP (association de contact en organisateurs d’évènements et auteurs de jeux, dessinateurs, etc.), Vae Victis (le magazine des jeux d’Histoire), MAD (distributeur de jeux de société) ont tous répondu présents… Surtout qu’il faut du monde pour les remplir, les 4500 m² d’espace !!

Les animations proposées sur la journée étaient variées : entre le tournoi Magic, les initiations de combats à l’épée (en préparation d’un futur trollball ?) avec des personnages en costumes médiévaux, le forgeron en train de forger, et les dessinateurs et illustrateurs, des conférences et des masterclass étaient organisées.

Jean Serge Malakhof, de l’association WIP (Paris Manga, Comic Con de Paris) a préparé un programme aux petits oignons…

Rencontres privilégiées avec des professionnel(le)s, il était possible de se faire des tatouages éphémères, d’appendre à altérer des cartes Magic (comprendre customiser, donc personnaliser), dessiner, ou encore concevoir son petit escape book personnel. Des conférences permettaient de mieux comprendre les métiers de la bande dessinée et les ponts entre dessin et jeu de société.

Coté jeux de société, Vae Victis proposait des parties découvertes de jeux historiques, et de découvrir leur magazine de chroniques de jeux historiques. Les jeux proposés sont ceux qui peuvent être acheté en même temps que le magazine et permettent de recréer les batailles célèbres. Avec une carte, des pions unités en carton, et un peu (beaucoup ?) de stratégie, le jeu historique est l’occasion de (re)découvrir l’histoire et parfois même de la changer. Mais j’ai déjà parlé du jeu historique lors de nos excursions à la WBC, donc je ne vais pas refaire le topo de tout le bien que je pense de ce hobby… (à part peut-être des parties trop longues qui nécessitent des tables de 12 mètres de long).

Nous avons pu croiser à nouveau les copains de « Arackhan wars« , porteurs d’un projet réussi sur Ulule. Leur jeu de combat de cartes se déroule dans un univers qu’ils ont créé de toutes pièces avec musiques, histoires, etc. Le jeu est très joli et la mécanique particulière : les cartes sont placées sur un quadrillage et une fois placées, elles ne peuvent plus bouger (sauf pouvoir spécial). Nécessitant une prise en main pour savoir les effets des cartes, le jeu est joliment illustré (meme si toutes les illustrations ne sont pas définitives, je crois). Ils participent à de nombreux festivals, allez les rencontrer et tester ce jeu!

Nous avons eu l’occasion de tester plusieurs jeux récemment sortis ou à sortir chez MAD.

Commençons par « Dans les cordes« , jeu de cartes pour 2 joueurs dans l’univers de la boxe, le principe est donc de réussir à éliminer son adversaire en jouant des actions offensives. Evidemment, comme dans tout match de boxe, l’adversaire peut tenter d’esquiver et/ou de contrer, s’il a les cartes adéquates. Le personnage doit gérer sa main de cartes (cachées de l’adversaire), mais également 2 aspects sur sa carte de personnage : ses points de vie (tomber à 0 signifie être KO et donc perdre) et son énergie. Car pour jouer une carte, il faut avoir l’énergie suffisante! Rien ne sert d’avoir le super upercut si le vaillant combattant est au bord de l’apoplexie… 🙂

Et comme dans tout match de boxe, la cloche marque la fin d’un round, qui permet de refaire sa main… 🙂 Bref, un petit jeu rapide et malin pour 2 joueurs qui peut s’emporter partout. Il nous a laissé une bonne impression!

Ensuite, nous avons testé « Cthulhu : l’avènement« , jeu de cartes (encore) pour 2 joueurs (encore). Les joueurs (des cultistes) s’affrontent pour tenter de prendre le contrôles de zone. Sauf qu’evidemment, les investigateurs ne les laisseront pas faire… Prendre le contrôle d’une zone nécessite d’avoir la majorité sur cette zone au moment où arrive le grand ancien… Jeu de pioche sans grand enjeu, si un joueur réussi à avoir 2 coups de chance d’affilé, la partie est pliée, du fait de l’absence de stratégies possibles (comme sur la majorité des jeux de majorité).

Enfin, nous avons testé 7 Ronin, jeu asymétrique à 2 joueurs. L’un des joueurs tente d’envahir un village, protégé par l’autre joueur à l’aide de 7 ronins. Avec un nombre de shuriken limités et beaucoup de zones à envahir/défendre, la partie est très disputée et pas forcément gagnée d’avance pour l’attaquant. En effet, chaque ronin a un pouvoir spécial qui s’active uniquement si la zone où il est positionnée est attaquée. Un jeu de double guessing rapide et stratégique qui mérite une revanche (que nous n’avons pas eu le temps de faire, pour cause de fin de festival).

Toutes les photos sont visibles ICI.