GenCON 2018 – Guide pour débutants

Alors voilà, la GenCON 2018 c’était début août… En mission pour plusieurs médias (Le Meeple Breton, Boardgames United and Thalwind), nous avons arpenté les allées de cette grand’ messe du jeu à Indianapolis… Dont voici le compte rendu même pas un peu en retard! (mais où file la vie?!). Attention, ce compte rendu n’est pas une liste exhaustive des jeux de la GenCON! Je vous invite à aller voir les sites spécialisés pour en savoir plus sur les jeux à sortir.

Il faut savoir que la GenCON tire son nom du lac « Geneva » dans le Wisconsin, lieu où s’est tenu la première GenCON, organisée par Gary Gygax. Voilà pour l’origine du nom et la raison pour laquelle le symbole est un dragon. (NdA : Gary Gygax est le co-créateur de Donjons et Dragons). Cette première édition, en 1968, était principalement axée autour des wargames (ah tiens, on reparle de la WBC?! 🙂 ) et s’est élargie aux jeux de rôles et jeux de plateaux. Elle se tient depuis 2003 à Indianapolis, Indiana….

Un peu de géographie : Indianapolis est au coeur des USA. Accessible en avion (mais pas en direct depuis la France), il est possible de venir en voiture également, à partir de Chicago! (NdA : a visiter absolument! Cette ville est magique!). Et globalement, dans la mesure où cette convention déplace plus de 60 000 personnes sur les 4 jours qu’elle dure, les places dans les hotels sont extrèmement chères (au sens propre, comme au sens figuré) et je recommande de prendre un hotel dans la périphérie et de venir à la convention de bonne heure, en voiture. Contrairement à Essen, il y a un nombre maximum de billets en vente. Cela permet d’éviter la surpopulation dans les allées. Cela signifie aussi qu’il est préférable de prendre ses billets à l’avance, pour être surs de rentrer. 

L’hotel choisi était dans le nord d’Indianapolis, proche d’une excellente boutique locale (Family Time Games), qui nous accueilli comme des rois le soir où nous nous sommes perdus là bas avant la convention… 

Le parking avoisinant est géré par un tout un tas de sociétés ayant pignon sur rue et comme nous sommes au pays des entrepreneurs, le prix de la place de parking varie d’une heure à l’autre, en fonction du taux de remplissage… D’où la necessité d’arriver de bonne heure pour faire des économies. Il faut en faire, au vu de tout ce qu’on peut dépenser à l’intérieur! Entre les goodies spéciaux de la GenCON, le matériel pour les fans de cosplay, les produits dérivés (t-shirts, sacs, etc.), les produits connexes aux jeux (tours à dés, bourses, aménagements de boites, etc.) et les jeux disponibles sur place en avant première, le portefeuille peut en prendre un sacré coup!

Est ce que c’est grand la GenCON?

OUI!! La GenCON se déroule dans le « Convention Center » d’Indianapolis, qui est idéalement situé à proximité du centre ville, au coeur d’un réseau d’hotels de luxe dans lesquels certains évènements se déroulent également. Le centre de conventions est également relié par des passerelles et des souterrains au « Lucas Oil Stadium », le stade de football (américain bien sur) de l’équipe locale, les « Colts ». Et oui, il se passe des choses par là bas aussi! 

En gros, il faut prévoir des chaussures confortables, car arpenter les allées du hall principal est déjà épuisant en soi, mais aller dans les différents halls ou encore dans les différents batiments va vite devenir épuisant. Je rappelle qu’il s’agit d’une convention accueillant 60.000 personnes, donc on piétinne! Et il est interdit de courir!! Les gens viennent ici pour se détendre et s’amuser et pas pour se stresser.

La GenCON met en place un jeu de piste pour les familles avec enfants : les familles doivent aller récupérer 7 badges répartis sur l’ensemble du festival (tous les batiments, y compris le Lucas Oil Stadium). Si les gens trouvent les 7 badges, ils peuvent aller récupérer le badge « ultime » à l’accueil de la GenCON. Cela incite les visiteurs à parcourir l’ensemble des salles de la convention.

Que peut on faire/voir à la GenCON?

Du jeu de société… Bien sur! La GenCON est l’occasion pour les éditeurs de présenter leurs nouveautés pas encore sorties, ou tout juste sorties pour ce festival. Grâce aux annonces, il est possible de savoir quels jeux seront présentés et ainsi d’avoir un avant goût de la chose. Comme à Cannes, ou à Essen. Pour la plupart des jeux, il est possible d’acheter des copies en avant première. Ce qui est intéressant sur ce salon, c’est qu’on y trouve des éditeurs rarement présents sur le sol européen. Par exemple, Upper Deck, ou encore Rio Grande Games) et qu’on y découvre des jeux exclusifs au marché américain. Il faut savoir que pour qu’un jeu se retrouve sur les étals français (en particulier chez les ludicaires), il faut qu’il soit édité en français ou que l’éditeur originel trouve un partenariat avec un éditeur français. On retrouve également des noms bien connus de chez nous, comme Iello, Matagot ou encore… Asmodée…. 

Comme sur tous les salons destinés au grand public, il est possible, si l’on fait preuve de patience, de tester les jeux présentés. Ainsi, les fans de Magic ont pu découvrir et tester le prochain jeu de leur chouchou Richard Garfield, nommé Keyforge. Les avis étaient globalement positifs à la sortie, mais comme pour Magic, les cartes présentent du texte et les réfractaires à la langue de Shakespeare devront attendre la commercialisation en France (par Asmodée).

Pour les impatients ou ceux qui veulent être surs de pouvoir tester un jeu en particulier, il est possible de s’inscrire à des évènements spéciaux. Bien entendu, cela a un coût et les jeux attendus sont pris d’assaut. 

Et comme sur tous les festivals, il existe une chasse aux goodies assez sérieuse! Mais quand on passe son temps à prendre des photos, on n’a pas de temps à consacrer à cette chasse…

Des conférences… Il existe un grand nombre de conférences auxquelles les visiteurs de la GenCON peuvent assister. Certaines sont gratuites, d’autres payantes, et les sujets sont aussi divers que variés. Bien entendu, des passionnés proposent des conférences comme Matt Shoemaker qui est spécialiste du détournement de jeux de société pour les rendre éducatifs, mais des stars du cosplay viennent également parler de leurs passions, de la meilleure manière d’appliquer le maquillage ou encore comment créer un parfum en accord avec le personnage que vous incarnez. 

Des tournois… Pour lesquels il faut s’incrire au préalable ou bien s’être qualifié lors d’évènements antérieurs. N’ayant participé à aucun, je n’en dirai pas grand chose… 

Des auteurs de jeux… Comme à Cannes, de nombreux auteurs sont présents sur les stands des éditeurs pour échanger avec les joueurs. Ainsi, nous avons pu rencontrer Ryan Laukat (Near and Far, Above and Beyond), Matt Leacock (qui présentait Forbidden Sky), Graeme Daevis (Warhammer JdR) ou encore Hoby Chou, l’auteur de My Little Scythe. D’ailleurs, son histoire est très amusante et lui se demande encore comment il en est arrivé là. Vouant jouer avec sa fille à Scythe, il a adapté les règles et a adapté le graphisme. Le nom fait référence à mon petit poney (My little Pony, dans le langage de Donald). Il poste quelques photos sur les réseaux sociaux, tout le monde pense à une blague. Mais des gens sont intéressés, un Print n Play voit le jour et M. Stonemaier (l’auteur de Scythe) reçoit de plus de demandes au sujet de ce « My little ». Il prend contact avec l’auteur et ils se mettent d’accord sur une version éditée. L »histoire est très jolie!

Du cosplay… De nombreux visiteurs sont habillés dans leur personnage préféré. On parle donc de cosplay! J’aime beaucoup cet aspect du festival, car il donne un coté festif à l’ensemble. On voit très peu de cosplay dans les salons comme Essen ou Cannes et je trouve que ca manque. Attention, des règles strictes sont affichées depuis quelques années pour éviter les problèmes : on ne touche pas sans autorisation, on ne photographie pas sans autorisation… Le point d’orgue est la grandde parade des cosplayers le samedi après midi à travers l’ensemble des halls de la convention. Participe qui veut (à condition d’être habillé.e pour) et assiste qui veut. Bien sur, en parallèle de tout cela, il y a un concours organisé, avec un nombre de places limitées. Les plus tenaces et les plus rapides peuvent s’y inscrire, ,sur la base du premier arrivé, premier servi. 

Des auteurs de livres/dessins… Dans le hall principal, la GenCON reserve un bel emplacement pour des auteurs de livres orientés fantasy et des illustrateurs de talent. C’est l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs, et de repartir avec un joli dessin dédicacé.

Pour résumer

La GenCON, c’est les 4 meilleurs jours du jeu (TM) et c’est vrai. Cette convention est vraiment différente des conventions européennes et mérite d’être vue au moins une fois dans sa vie… Et d’en profiter au maximum. Mais comme Essen ou Cannes, c’est épuisant et ca se prépare. Trouver un hotel suffisament tôt, louer une voiture, préparer sa venue en sachant quel jeu on veut absolument tester… Sur place, il faut savoir se ménager et en profiter. Savoir quand lacher du lest sur le planning et quand une occasion unique se présente. 

Toutes les photos de la GenCON sont visibles ICI.

Les jeux qui ont attiré notre attention

Keyforge de Richard Garfield – A sortir chez Asmodée. Un nouveau type de cartes à collectionner, avec des decks uniques pour chaque joueur. A voir si la communauté s’attache à ce nouveau type de jeu

La boite Escape Room Game MacGyver. Une nouvelle boite d’escape game à faire à la maison, mais avec le héros des années 80, Mac Gyver. J’ai fait la premère aventure des 5 contenues dans la boite et le matériel tient la route (malgré un problème dans une des énigmes où il nous manquait une pièce) et l’ambiance est là. Je recommande de mettre un fond musical basé sur le générique de la série… 🙂

Reef de Emerson Matsuuchi – A paraitre chez Next Move, le studio de Plan B. Plan B, l’éditeur qui a racheté TricTrac, lance un nouveau studio, appelé Next Move, contenant des jeux abstraits aux thèmes légers pour les fans de jeux épurés. Les titres de ce studio seront des mots de 4 lettres. Le premier jeu officiel (même si AZUL est maintenant estampillé Next Move), sera REEF, un jeu de placement de coraux dans un espace restreint. 

Orbis de Tim Armstrong – A paraitre chez les Space Cowboys. Oui, je sais, faire autant de kilomètres pour tester le jeu d’un éditeur français, c’est dommage, mais bon. Le buzz était tellement fort autour que j’ai testé ce jeu. Le but est de construire une pyramide avec des tuiles récupérées sur le plateau central. Lors de la récupération d’une tuile, on dépose des cubes sur les tuiles adjacentes… Et on remplace la tuile par une nouvelle, au risque de donner au joueur successeur une tuile puissante. Pas mon type de jeu, mais à réessayer en ajoutant une variante permettant de choisir la nouvelle tuile parmi 3 visibles.